lundi 20 avril 2009

Foolish Laowai

Xiaonei (小内) didn't know, but he would never be able to read. He would barely be able to write the average amount of words required to make his way through the shabby life he would have. Would he? Who knows. But fact is that he was somehow locked up to an invisible life road, the one of those who do not have enough money to be capable of stopping thinking of it.

His mind was simple, spread with seeds of unexpanded potentials. They would never grow on the ground of poverty.





Blue got lost, successfully to his attempt of breaking up with usual daily habits. He never managed to be a creature of routine. So there he arrived, some unrealistic place, dusty and dirty. A piece of shit hazardously dropped in the middle of two groups of business towers, close, so close to the CBD and the US Embassy. The kind of place the "authority" is reluctant to accept, show, and accept being shown. Surprisingly, the place was to be destroyed quickly, next May.

He walked trough the would-be streets, far more smelly than smelly doufu (臭豆腐), far more messy than yangza (羊杂). Children would stare at him. Grown ups would, too. The thing is grown ups usually unsuccessfully tried not to show it, as soon as they realized they started to stare at the foreigner. Wide pale eyes, pale skin, high nose, fair hair. Generic description and appearance of a laowai in the eyes of a laonei. But children openly showed themselves watching. "Eeeeeeh wazzzzat'? OMG this ain't chinese, bleeeeeh! What's wrong with his blue sky-coloured eyes? Shit, foreigner, foreigner, foreigner sail-ho!"

And one raised his hand to his eye, over-openning it: "Heyyy, looka-looka, your eyes are tainted with sky, where the hell are you from, uh?"


Clic.

mardi 14 avril 2009

The Unwanted Doggy Bag

Le doggy bag, en Chine, est un usage qui fait partie des moeurs de tous les chinois, indifféremment de tout critère ethnique, social, économique, religieux. Qu'il s'agisse d'un restaurant raffiné - canard laqué pékinois par exemple; ou d'une petite cantine à l'hygiène douteuse, où le cuistot fume en sautant les nouilles. Il est très habituel, à l'issue du repas, de demander 打包 (dabao), littéralement: faire un paquet*.

Même lorsqu'il s'agit d'occasions spéciales: dans ces cas là, de très nombreux plats sont généralement commandés, toujours plus que la nourriture qui sera effectivemment consommée, l'abondance de plats est signe d'opulence et de fête, une réunion festive est, quasiment, inenvisageable sans surplus. NB: en Chine, l'assiette personnelle n'existe pas: chez soi, au restaurant, on raisonne par plats "collectifs", amenés au centre de la table. Un bol de riz blanc et une petite coupelle vide sont amenés, et chacun se sert dans le plat directement avec ses baguettes, la coupelle ou le bol de riz servent de hub à la nourriture.

Il y a de fortes chances que la vieille femme, là-dessous, n'ai pas eu beaucoup d'occasions de demander un da bao. Etonnant, pour une mendiante. Croisée autour du temple des Lamas, un tiède après-midi d'hiver. Ouvertement estival, qui à défaut de puer, sent le réchauffement (climatique...?) à plein nez. La troupe rentrait d'un restaurant coréen qui l'avait laissée plus que rassasiée, et le doggy bag de coutume avait été demandé. Mais un paquet, ce n'est pas vraiment l'idéal pour faire le touriste et prendre des photos...



Temple des Lamas, Avril 2009


Alors, autant faire d'une pierre deux coups, et plutôt que de donner le doggy bag à une poubelle, le donner à une mendiante, cf supra. A regarder supra de plus près, il y aura comme un hic: il y a en bas à gauche, une petite boîte blanche, de celles qui sont utilisées pour les da bao. La vieille qui fait le crapaud sur sa marche semble, elle, tenir un sac plastique vide, son oeil qui regarde dans le vague. Oui, elle a fait ça... C'était de la bonne nourriture, pourtant: pas de langue de yak gélatineuse, pas de grenouille-taureau cartilagineuse, juste des nouilles sautées aux légumes, de la viande grillée. Mais non, ça ne lui allait pas, si seulement on avait pu savoir pourquoi.

Le porteur du doggy bag lui ayant remis le paquet en question, le petit bout de vieille l'a ouvert, puis a ouvert la boîte blanche, et a reniflé la nourriture, a porté quelque chose à sa bouche, pour le mordiller à moitié. Puis, posément, elle a lâché la substance en cours de mordillage, plif par terre. La petite boîte blanche a subi un sort similaire, jetée juste en bas à gauche de la photo.

Et puis, la petite vieille imperturbable a soigneusement gardé le sac en plastique.

L'inexpression de son visage n'a pas frémit un seul instant.


*Trois exceptions, peut-être, à cet usage: - les McDos & autres joyeusetés fastfoodiques, - les western style restaurants - généralement les portions ne sont pas vraiment abondantes, il y a peu matière à restes. Et la douloureuse, que l'on sait de toutes façons bien plus élevée que la moyenne, n'engage pas à "se lâcher" sur le nombre de plats commandés - les buffets "à volonté", qui sont, en Chine, vraiment à volonté. Une débauche de plats typés suivant les restaurants (grec, teppanyaki japonais, pseudo-brésilien...) Le concept ne s'étend tout de même pas au doggy bag, il ne faut pas abuser. Non mais.